C'est Delphine, qui lui a trouvé son nom, un soir avec les filles, quatre lettres.
Comme les prénoms de mes enfants.
Quatre lettres = efficace.
Encore un endroit multi-facettes, pire qu'une boule.
J'ai tenté de retrouver le nom de ces soirées, les premiers jeudis, des jeudis assez tranquilles, j'ai demandé à leur résident, et même lui n'a pas réussi, il y a eu une agréable tripotée de djays
avec Feadz qui se détache, sa casquette, sa jeunesse, ces jeudis là annonçaient la suite, soit le jeudi le plus torride de la partie la moins show-off de la capitale, loin de l'ambiance gold
triangle, très loin. C'est Samira qui manage ces jeudis, sa fausse blondeur platine, sa peau kabyle, son débit ( phrasé rapide syllabes souvent avalées dans le flux ).
A ce stade de Let's Dance, l'écriture devient l'inverse de ce qu'elle réclamait auparavant, on entre dans le dur, les efforts pour tenter d'être au plus juste, associés au travail de mémoire, qui à
cause des protagonistes s'intensifie, l'écriture devient un puits autour duquel j'ai tourné des semaines sans choisir de délibérément plonger dedans. Ca n'est ni un sacerdoce ni une épreuve, la
définition est ailleurs, dans la rémanente pression, être fidèle à, au plus grand nombre de vérités possible.
N'ont été cités jusqu'à présent que les jeudis. Du Pulp. Alors qu'elle est toute autre(s), la réalité du meilleur club à filles ( merci Michèle), et à garçons, et à filles qui aiment les filles,
les garçons, à garçons à garçons, à travelotes, c'étaient du mardi au dimanche inclus. Avec des soirées plus ci que ça. Mais toujours ouvertes aux autres ci et ça(s).
Avec des filles comme Zouzou. Au bar.
Il y a eu cette période démente où le club initialement à filles est devenu theplacetobe.
Il y eu des performances. Beaucoup de performances. Citer celle d'Odette Bombardier. La fille que j'avais connue sur les plages de Maurice en 1980, la première fille à porter un bikini fluo
rapporté de la Réunion, la fille aux cheveux courts et bruns était maintenant rasée, tatouée, la fille portait maintenant des bijoux par elle fabriqués, des colliers à pointes, des lignes
presque dangereuses, la fille que j'avais connu dans cet environnement vertueux était maintenant une créature, en passe de devenir une icône.
On s'est revues aux Cake & Milk de Batofar, depuis, plus rien.
Le Pulp a fait partie des rares endroits où la liberté était comme un costume transparent enfilé par-dessus soi dès le vestiaire. Pourquoi exactement, c'est l'histoire alchimique, bonnes
personnes au bon endroit au bon moment. A cause de ce que signifie la liberté d'esprit.La neutralisation temporaire d'une récurrence majoritaire de clivages.
Ce qui est éreintant, dans le récit, c'est lorsque le chapitre n'est pas relié directement à un événement, mais qu'au contraire, il renvoie à tellement d'événements, mélangés, déconnectés
parfaitement les uns des autres dans leur forme, qui figurent au total un magma semblable au générique des guignols, cette terre qui tourne et dont s'échappent au fur et à mesure diverses
emblèmes.
Ca a donc commencé avec Gino Castagnette aux platines, et ça s'est achevé avec la mort de Delphine. Entre les deux interstices, quelques années, tellement de gens, des passages éclair au Scorp', du
champagne et des vokas pamplemousse comme s'il en délugeait.
Il y avait cette camionneuse, elle portait presque toujours des chemise blanches et des bretelles. Avec quelques rares concessions aux chemises dites de bûcheron. Ambiance Nirvano.
J'ai mis du temps à intégrer qu'elle faisait partie du staff.
Je ne suis pas encore allée au Rosa bonheur que vient d'ouvrir Michèle. ( de ré-ouvrir). Je ne doute pas de la magie potentielle, je doute de mon pouvoir à basculer dans cette liberté qui fut une
dope.
Cette liberté qui fut une vraie dope.
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J'ai attendu quelques jours avant de.
Le jour de la gay pride peut-être.
J'ai demandé à Wet si le Rosa Bonheur ( qui est parait-il propriété de mon ex-voisin, le producteur de cinéma français numéro 1 du cinéma d'auteur ) aurait un char.
Sûrement m'a t'elle répondu, c'est bien le genre.
il est fini le temps de Delphine sur son char.
Clos celui des filles sur le grand boulevard.
Reste l'équipe.
Michèle, Zouzou, pour ne citer qu'elles.
Longue vie au Rosa Bonheur, donc.