
Elle a donc bien quelque-chose de roumain, Adeline, ses cheveux sombres et ses yeux clairs,
et toutes ces similitudes, le père, les familles décomposées par cette guerre que fut le communisme, elle en a tiré cet humour d'elle-même qui séduit dès le préambule
in the marais-chantal
comme le dit si bien Julien (Aujeau ).
Le lieu, Bagatelle, est lourd en promesses, entre les compte-rendus ça et là des nuits précédentes, les réminiscences que l'on a, chacun, de la roseraie ( chacun parisien ), le lieu est chargé en
visuel, la terrasse à l'ombre des écuries, la mise en place du décor éphémère, les system(s) ( sons et lumières ), l'architecture déployée du service (nombreux).
Et l'on est bien où l'on sait, à l'orée de Neuilly et du seizième, pas loin du triangle d'or, dès lors que les premiers attaquants font leur entrée, défilé, défilé de porte-manteaux, défilé comme
des panoplies trop complètes, de jeunes ( moins, guère, ou à peine ) femmes habillées comme telles mais qui se tiennent comme encore des filles, gauches, bridées par des uniformes de marques de
magazines en vogue.
Un sentiment de déguisement(s).
Qui va quasi pour l'ensemble.
Des tables entières de filles juchées et ultra-brightisantes, des garçons avec de très grosses montres au poignet.
Des it bags à en pleuvoir et des narines furtivement rectifiées d'un doigt révélateur.
Manque plus que la mer pour qu'on soit à Saint-tropez.
C'est la première scène pour le duo Nico de Nôze et Dani ( Siciliano), le jeune permanent qui les précède avoue en cèdant la place, C'est dur ce soir, très dur.
A part le R&B et la musique des boites de nuit de toujours.
( Mes sessions de 45T, salut envisageable).
Il y a un effet de déroute, malgré la qualité, terme pourtant prisé de la faune ( la Qualité mon ami ), malgré les supporters déjà acquis via Nôze notamment à la cause.
Ca prend mais la béarnaise ne monte qu'à moitié.
La musique, elle, est impeccablement sophistiquée. Elle habite ses vêtements, elle a le truc. Pour bouger dedans.
Las, le feu ne remplacera visiblement jamais en cet endroit un machin genre Clamaran.
Dommage.
Le jéroboam de bulles, est lui, à dix mille euros.
( sans la paille ).
La ville est loin, d'un coup la ville est loin, il manque son caractère, sa diversité, son éclectisme, son électricité, il manque l'étincelle au delà des codes et des panoplies.
Restent l'extraordinaire bonne humeur ( pourtant furieusement communicative ) de Dani, la science du mix qu'ils déploient avec Nico, la gentillesse, les sourires, la finesse d'Adeline
( Grais-Cernea ), le décor étoilé, la compréhension, de ce qu'il fut un temps, loin, très loin ( et de la ville, finalement ) on eut aimé.
Parce que chez ces gens là, Jacques aurait chanté.
( Et pourtant et pourtant Charles aurait chanté également, ce mix avec des perles du diable ).
Tori Amos & Armand Van Helden : Professional Widow.
Supertramp : Crisis, what crisis ?