Trois morceaux :
Belfast : Orbital.
Acid Eiffel : Laurent Garnier.
How Gee : Black machine.
La première fois :
1991, novembre, je viens de rencontrer un jeune homme brun, il habite au 92 j'habite au 102, sa soeur ainée, Lili, a été la compagne pendant douze ans de mon voisin du dessous Christophe ( Tison ),
ils sont tous trois originaires de Dijon.
Xavier ( le jeune homme brun ) nourrit un vieux rêve qu'il noie dans une nonchalance et un mode de vie bien spécifique, le "laisser couler", lequel me change spectaculairement des derniers mois
écoulés, des mois agités.
Tomber en amour, résister à l'égoïsme attenant, dans le cas présent ça signifie ne pas faire barrage à l'idéal, ne pas retenir le jeune homme brun si doux, à contrario, motiver son désir d'avenir (
haha ), encourager son départ, malgré soi, malgré la déchirure prévisible, malgré...
La date est programmée pour le début de l'année qui s'annonce, sur toutes les ondes c'est Osez Joséphine qui galope et le cri de guerre pour les 365 à venir c'est Osez 92.
Le jeune homme brun doit partir à Dijon dire au-revoir à sa famille, préparer son évasion.
Le voir descendre la rue pour aller prendre son TGV est à ce point une torture que ça laisse présumer de joyeux moments pour dans pas longtemps.
Nath est avec moi. Nath ne me quitte pas d'une semelle. Nath vient de couper ses longs longs cheveux et porte la coupe courte qui est la mienne aujourd'hui. Nath est mon inséparable.
Il est parti un jeudi, le vendredi matin, nous décidons avec Frédéric de faire la surprise au jeune homme brun. Nous savons que ce vendredi, comme tous les, Garnier fait sa Wake-up à L'An-fer, une
heure quarante de TGV ce n'est rien, Ce n'est rien dans les diskman, Jaloux dans les diskman, Les mots bleus dans les diskman, Baschung et Clerc.
On attrape le dernier gare de Lyon après le passage au Train bleu et les chesterfields, et je revois chaque image sans aucune égratignure sur la pellicule de la bande qui a suivi.
Jeu de piste.
Une première halte au Carillon, il n'y est pas, une deuxième halte dans un bar à House, il vient de partir, nous marchons dans la capitale des ducs glacée galvanisés par cette Chasse au trésor
ponctuée de Blanc-cassis, et il finit par être assez tard pour envisager d'aller rue Marceau.
Ce sera la première confrontation avec l'abruti ( plus abruti que méchant, mais bien abruti ) qui tient la porte, le petit escalier, la rue alentour si calme si contrastée, le décor alluminium, la
fresque sur le mur qui longe la piste, la partie plus lounge au premier tenu par un gros gaillard sympathique ( How Gee c'est lui), les vibrations démentes des basses assenées par Garnier.
Sur le mur où se dessine la fresque, un jeune homme brun tient son verre une jambe repliée contre le mur, il a l'air seul et contemplatif.
Je ne dis rien, Nath me sourit, et la suite appartient à notre histoire.
Il partira au Mexique.
Il en reviendra.
Pendant quelques années, sept au moins, L'An-fer sera Le club, celui qui draine les suisses fondus de Couleur 3, les bisontins, les anglais, il y aura des tea-dance le dimanche ( et des tea
dance SM : how g...!), il y aura les vendredis Garnier les vendredis Tonio, il y aura la crème de la House, il y aura l'été 1993 qui reste un de mes summer of Love les plus emblématiques, il y aura
la création d'une bande et celle d'un amour, il y aura...
L'An-fer a fermé ses portes en 2007. Et derrière elles cette image, des lumières menaçant de s'allumer à quatre heures précises, et de l'ultime supplique : Belfast Pleeeeeeeeaaase. Belfast en
morceau de clôture.
Nath(alie) aussi. A fermé ses yeux. Juste avant Noël aussi. En 2007.