La littérature ( écriture publique, et non pas LA Littérature, terme pompeux sensé muer la verbalisation écrite en grand Art ), ne sert pas qu'à se faire des amis, c'est bien reconnu.
Ecrire sur la vie nocturne, ambition à priori dénuée de caractère polémiste, sauf à dire du mal des protagonistes évoqués, pourrait donc rester une suite de fables ( plus ou moins, rien n'étant aussi rapidement démodable ) modernes, à parcourir comme un chemin annexe au quotidien d'une trajectoire professionnelle, d'une saga familiale.

A priori.

En égrainant, sans chronologie déterminée préalable ( laisse émerger les réminiscences au fur et à mesure des flash backs ), les années quatre-vingt dix, occasion est offerte de rétablir quelques vérités historiques du petit monde noctambuliste qui, qui sait, découvrira peut-être la narration d'une épopée vue par un autre bout de la lorgnette.

Sur l'origine des soirées Templiers, on peut effectivement lire ceci : 
( extrait publié sans autorisation de la brochure des Templiers )

"15 mai 1993
Mars 1993, Antoine, Etienne et Jean-Noël, 3 jeunes diplômés trouvent que l'on s'ennuie ferme à Paris. Ils décident d'y remédier et investissent une ancienne commanderie des Templiers en forêt de Compiègne. 2 mois plus tard, pour une nuit, la bâtisse a retrouvé sa superbe d'antan, nos trois amis et leurs compagnons s'intronisent Templiers, et offrent à leurs invités un voyage spatio-temporel pour revivre le temps d'une soirée magique et inoubliable une véritable fête. "

Ca n'est pas * tout à fait comme cela * que ça s'est passé.

Mars 1993, j'organise un déjeuner avec Antoine ( Lacoste ) et Etienne ( Jardel ), nous nous connaissons depuis le lycée. Etienne et moi avons tous les deux envie de faire une fête ( mon anniversaire est le 15 mai ), Antoine dispose d'un lieu, une maison promue à la vente dans les mois qui viennent. Mon voisin-du-dessous, Jean-Noel ( Vétu ) qui est décorateur de cinéma, rejoint rapidement le projet, qui à la découverte du lieu ( une superbe commanderie ), révèle un potentiel énorme.

Effectivement, après trois semaines sur place ou presque, la participation active de nombreux bénévoles qui feront de cette fête le fer de lance d'un projet encore aujourd'hui confirmé comme pérenne, la participation financière de membres fondateurs ( Mezigues, et pas qu'un peu pour l'époque, Sophie ( Cabane ), la participation tout court, l'apport des talents de Stéphanie (Morel), costumière de génie qui réalisa toutes les tenues des templiers d'après des documents d'époque, les robes ), ceux de Karim ( jongleur, acrobate ), et toute une kyrielle de bras, de chauffeurs, de divers soutiens, qui pendant ces trois fameuses semaines ont donné sans compter ( ni re-compter, la soirée est gratuite ).

Eblouissante soirée, les ( 500, 800 ?) invités ont joué le jeu, le décor reconstitué est exclusivement éclairé à la bougie, la nuit féerique se poursuit en lendemain campagnard ( gratuit, pire que les Galeries Barbès ), le succès est d'ampleur et la fatigue cohérente. Bilan, la troupe constituante a tant travaillé au succès qu'elle estime ne pas avoir assez profité de la soirée elle -même. (Pour ma part et elle seule, c'était un anniversaire digne de ce nom).

Est alors décidé de programmer très rapidement ( la maison est supposée être vendue, toujours) une deuxième fête, un mois plus tard, déguisée toujours, thème légèrement différent, je suis préposée ( à soutenir en partie financière, même inférieure ) à la rédaction du concept, dans un ton toujours d'époque, en vers.

La rebelote ne trahit aucun des idéaux, la fête est magistrale, elle aussi répartie sur deux jours, on vient de pas mal de provinces (et même de l'étranger, ceux qui n'ont pas pu venir à la première font le déplacement ), le Label Pro-Zac s'investit au son ( et c'est tant mieux, Christophe ( Galud ) a failli mourir en tombant de la mezzanine à DJ's )), il y a un studio photo pour immortaliser les efforts de tous, les voisins ont été invités pour faire taire les rumeurs ( les environs pensent que nous sommes une secte, ils ont particulièrement savouré le défilé en costume précédant la fête du mois de mai dans le village ( voir photo )), lorsque j'ai suggéré que l'on demande une (faible) participation pour amortir le coût des deux événements je me suis fait éconduire ( Pas de ça chez moi ), bien, pourquoi pas, même si l'investissement est tout de même conséquent ( même pour un anniversaire digne de ce nom et sa petite soeur un mois après).

Ce sera ma dernière soirée Templiers.

Car ce qui suit ( et la liste est longue jusqu'à aujourd'hui), est une histoire de projet de copains devenu un business. 

La soirée d'après sera payante.

Les, soirées d'après.

Point de remboursement ( pourtant initialement suggéré, je n'aurai pas la mauvaise foi de dire noir sur blanc, c'était verbal, bien sûr, entre amis de tant d'ans...), et la radicalisation de l'organisation, le déplacement géopolitique ( fin de La commanderie, début des soirées dans des lieux inédits, tenus secrets jusqu'au dernier moment, soirées à tiroirs, à surprises, contre lesquelles il n'y a absolument rien à dire ça n'est pas l'idée). Et disparition quasi-simultanée de deux noms dans l'organisation, Sophie ( pourtant fort généreusement investie ), et moi-même.

Il reste deux fêtes, magnifiques, grandioses, auxquelles ont participé pour la dernière fois des amis disparus, il reste la magie de ces trois semaines galvanisées, ensemble, avec les préparatifs les feux de camp les moments gravés.


Mais le coup des trois jeunes diplomés, désolée, pas pour moi. Ca: je n'achète pas.
Quand on dîne plusieurs fois par semaine au 99 de la même rue, difficile de passer à côté de la naissance d'un nouveau lieu, Panic room ça change du Pop'in et du Zérozéro, encore que.

Hier après le diner, immersion donc dans le nouveau lieu, et fait étrange, alors que la population est jeune, la musique est exactement celle, galette après galette, de mes premières années au Kilt, à la Scala, au Privé.

Celle qui m'a fait écrire à Ann(e) Oldies but Goodies.

Dani ( Siciliano) à qui on ne la fait pas nous fait le show, je suis téléportée (comme Carla B. dans une video disponible sur Rue89, où on la voit confondre Téléporter et Télécharger, Je suis très contente d'être téléportée dit-elle...) dans mon adolescence ( moi, en moins souple ), il ne me manque que le bandana ( et je n'ose pas me regarder dans le miroir ).

Je pensais y croiser Jean-Philippe ( Hautbois ), ce sont mes années huitième arrondissement que j'y retrouve, la nuit n'est qu'une longue série d'hypothèses, encore, toujours. 






 
Depuis sept ans ( sept ans = deux enfants + middle life crisis + responsabilités diverses excluant l'antiforme dès six heures du matin ), mes expériences en matière de clubbing se sont réduites, pour toutes les ( bonnes ) raisons précédemment évoquées, aussi parce que, après tant d'années nocturnes écoulées dans les salles sombres, on prend de mauvaises habitudes.

Il ne me parait plus envisageable de sortir dans un club sans posséder le sésame qui interdit de faire la queue.

Il ne me parait pas plus envisageable de ne pas avoir accès aux backstages, havre de décompression et de socialisation obligatoires.

Ainsi mes variations en zone ( non pas humide mais moite ) équipées en sound systems se résument elles à Aller voir quelqu'un que je connais jouer, Allez voir quelqu'un que je ne connais pas dans un club que je connais, Suivre le groupe dont fait partie le père de mes enfants, Sortir en province, Sortir à l'étranger.

Le paragraphe précédent, extrait de manuscrit, raconte une phase qui ne précède que de quelques mois la vie qui est la mienne aujourd'hui, aka Good worker / Unperfect mother. 

Le personnage appelé Nico, c'est Vigo Perrault, précédemment citée puisque c'est grâce à elle que j'ai rencontré celui que je suis aujourd'hui à travers ses live(s) quand mon emploi du temps de goodworker/unperfectmother me le permet.

On ne s'était pas vues depuis deux ans quand nous sommes arrivés à l'hôtel dimanche, ce même hôtel dans lequel nous avions résidé, Aline (can dance), Gwen ( Maze), Cédric ( Azencoth ), Cyril ( K), il y a deux ans, nous étions venus pour les 40 ans de Vigo, je jouais mes 45 T, ç'avait été... à la hauteur on va dire.

J'ai toujours considéré Vigo comme une mère de la nuit. A travers ses années de bookeuse, sa capacité à tout supporter des artistes a généré chez moi depuis notre rencontre une admiration sans faille, assumer les nimpotrequoiïtudes de la faune des pousse-disques, des artistes en général, être disponible 24 24, avec toujours ce rire et ses accès d'épuisements légitimes, j'ai été capable de faire deux enfants, ça, je ne l'aurais jamais supporté.

La soirée organisée par Resident Advisor s'appelle Mulletover, pas la moitié d'un signe pour nous deux qui avons depuis toujours nourri une passion intense pour le Mullet, il faut savoir qu'il existe des site web entièrement consacrés à cette coiffure adorée des anglais et des joueurs de foot toutes nationalités confondues.

J'ignore totalement où cette soirée a eu lieu. Je me souviens d'un hangar, de deux trois hangars devrait on dire, de la masse à l'arrivée, masse de gens, masse de son, masse de cris ( l'anglais aime le cri)( et pas que le dernier, crois-moi ), je me souviens du sol sale, de l'absence de backstage,  des rangées de toilettes amovibles devant lesquelles la queue ne désemplit jamais, de la première salle qu'il faut traverser pour accéder à celle dans laquelle aura lieu le live, de l'écharpe Paul Smith de Vigo tombée dans cette salle lors de la première traversée, de son immédiat pessimisme On ne la retrouvera jamais, de mon indécrottable optimisme Mais si on peut, de mes traversées successives de la salle en question bousculée de partout, les yeux rivés au sol ( elle a dit C'est mon écharpe fétiche...), bousculée de partout et tachant de ne pas louper un centimètre de béton mouillé de crasse noire.

On ne retrouvera pas l'écharpe, personne ne saura que j'ai passé deux heures à la chercher jusqu'au début du live, d'un autre côté, je ne bois pas, on ne peut pas s'asseoir, ça m'occupe. 

Je ne bois pas parce qu'avant d'arriver là, en revanche, le décompte du lendemain nous fait sourire, ah bon, tant que ça. Oui, tant que ça. Les anglais adorent le champagne, nous aussi.

Je me souviens du live, de la performance des deux artistes, du public ( difficile, le public anglais est gavé, c'est un de nos sujets de discussion préalable avec Vigo, la difficulté de jouer en Angleterre, tient au fait que les anglais sont gavés ) réceptif et sensible à l'énergie déployée, je me souviens de Vigo et moi derrière eux, dans ce qui n'est pas un backstage mais juste une arrière-scène, avec des cagettes en plastique pour poser nos sacs et éviter de les bousiller à jamais dans la crasse mouillée.

Ce n'est pas un club. Ca ressemble à certaines raves, certaines free parties, mais ça n'est pas un club.

La seule chose qui fait club, c'est Vigo qui hurle dans mes oreilles par-dessus les kilos de son, comme depuis x années qu'on se connait.

Il n'y aura pas d'After.

On refait le trajet en sens inverse Vigo est déjà rentrée, échange d'SMS, Le live était bien, le son était pourri, la party ne donnait pas envie d'y rester, c'est comme ça quand on vieillit. C'est OK.

Quand même, sept bouteilles de champ dans l'après-midi...







 
, Juillet-Août 2001

 

 

 

 

Tout le gratin musical de nozamis est là aux plages sonores des deux côtés d'une départementale de Palavas, j'arrive de nuit avec une équipière que Nico m'a déléguée pour soi-disant m'aider, dans l'avion j'ai du faire semblant de dormir, trop souvent les gens utilisent mon oreille.

 

On pose les sacs on rejoint le staff, il y a une étrange ambiance à la table à laquelle on s'assied dehors, on se croirait dans un backstage pourtant ça sent les fleurs de laurier, j'écoute en sirotant du rosé le mouvement perpétuel des deejays anglais, américains, qui s'installent deux sec le temps de régler des détails avec Nico, j'entends que ça renifle pas mal, j'entends des tables mouvantes tout le monde a l'air très speedé, parfums de premier soir, parfum d'arrivées, j'entends Nico qui organise, se dépense sans renâcler, commande à tour de bras une boutanche par ci un plat du soir par là, organise, téléphone, nourrit, materne, sa famille nocturne.

 

 

Je mesure ma chance.

 

Le trajet impensable, accompli en à peine une semaine. No more frustration.

 

Une partie de moi est détachée de ce qui s'accomplit, une partie habitée, je ne cherche pas je n'attends plus rien. Je suis libre.

 

 

A deux heures du mat les hostilités commencent, c'est party pour la danse, Tom London (Tim Paris), I. Smatch ( Ivan Smagghe), Dolce & Gabanna (Dan ghenacia), je reconnais aussi les voix de ceux qui ne jouent pas ce soir, Geoffroy, Gilb-R, Aqua Bassino, Nico me raconte les arrivées au fur et à mesure, je tournicote à cent mille sur une piste bondée, tout m'est égal, dès que j'ai peur je pense loin, à la voix qui me disait encore ce matin tu vas me manquer, j'ai samplé la phrase, je la colle sur tous les beats, sur tous les sets, des mains viennent de temps en temps me chercher dans mon monde, je dançensemble.

 

 

Très tard c'est la voix d'Aube qui arrive enfin, même tout près de moi je la sens encore trop loin, je palpe ses vêtements, Aube est toujours la plus, elle met tout son esprit dedans, sa bonté c'est l'image qu'elle offre aux autres, ce soin, ce don de soi unique, être toujours au delà de la simple beauté, transcender les modes existantes pour en inventer d'autres, toujours une apparence d'avance, toujours sublimée, je me fais des sniffs invisibles de son parfum sucré, je me souviens de la petite bouteille mauve Anna Sui, ce sont les effluves d'Aube, quand elle se déplace son parfum me raconte ses mouvements, malgré le bruit impossible elle me décrit la panoplie de la plukeparfaite égérie, la sienne, je l'aime, en silence depuis quelques temps elle est trop occupée, je l'admire sans forcer, sa voix subit des variations impressionnantes, elle passe d'une intonation complice à un ton public avec un naturel inouï, muant de l'innocence à la fatalité avec une aisance perturbante, elle me demande de l'accompagner à la toilette je dis que ça va être compliqué elle dit mais non viens je t'emmène et prend ma main, je sens une bague à son annulaire droit que je ne lui connais pas je demande ce que c'est, elle répond c'est ma bague de mariée elle est...je l'interromps je dis laisse moi deviner, et au milieu du merdier, je ne peux pas me détourner de cette odeur immonde des chiottes extérieurs, je palpe un cœur composé de mille arêtes, de cailloux tranchés, je dis c'est un cœur, elle sourit ouayye, et puis je dis un cœur de diamants, elle sourit tu as des doigts de fée, je dis et puis ce qui est bien c'est que même en vieillissant je continuerai à voir impeccablement de près.

 

Elle m'embrasse que j'ai de la chance. Et que je la repose. Aube est une rose.

 

 

Quelques heures compressées plus tard Nico vient me chercher, sa main est douce, je me sens à l'abri, on sort du club, le brouhaha affaibli dit que ça s'est vidé, Nico dit il est huit heures et on va dans les bungalos pour l'after, je suis saisie par la chaleur en pénétrant sur un parking j'entends des moteurs, je respire des vapeurs de sable irritantes, depuis que je ne cligne plus des paupières la poussière est une menace pour mes globes, Nico m'entraine plus vite, je vire mes talons, le sol me brûle la plante des pieds, je sens du sable, puis de la pelouse mal tondue et trop sèche, puis des pierres, j'entends un cours d'eau, je sens une herbe plus douce et la terre plus humide, Nico dit on est dans le jardin japonais, des voix que je connais, j'entends Aube qui se fait livrer un petit déjeuner avec ce truc pour se mettre le mondentier dans la poche, j'entends plus loin un groupe d'anglais, Nico confirme que ses anglais sont tous là  qu' ils sont tous à la Kro, je baille plusieurs fois en avalant  pour me déboucher les tympans, Nico me demande si j'ai un coup de barre, je dis non, ça va.

 

Quinze minutes plus tard je ronfle allongée sur l'herbe en plein soleil, je sens juste une ombre qui assombrit et refroidit ma tête, un buisson, sans doute.

 

 

Pendant que dans l'hôtel d'à côté Geoffroy emmène grave tous les volontaires autour de la piscine, de loin j'entends son son festif réjouir les platines, je suis dans un cocon, ici tout le monde est dans la régression, boomboom et pas de parents, disparition de la contrainte des horaires imposés, drugzalcoolémaillodbain.

 

J'entends des rires chargés, des ghettos à différents endroits qui s'allument et s'éteignent comme une guirlande de noël, des gens qui marchent en traînant les tongs, des roulettes de chariots sur les pierres en alternance qui me rappellent ce plan invraisemblable de Shinning de Dany qui fait le tour de l'étage avec sa voiture à pédales, le son du parquet, le son du tapis, le son du parquet, le son du tapis, on entend des bouchons sortir des goulots chez les acharnés, on est tous dans le ventre.

 

 

Je fais des aller retours dans le monde du sommeil, je rêve en couleurs, ce vieux monde, je suis dans un paysage tropical avec une amie psychologue du bout du monde, elle dit pour que les guerres cessent il faut que tout le monde soit sourd et aveugle, c'est ça la politique de la paix, out of communication.

 

Je me réveille en pleine béatitude, un air que je corrige vite vu pour que les autres n'aient pas peur. Faut faire gaffe à ça, toujours.

 

 

Mon corps entier est un œil qui perçoit tout autour, les vibrations dans les ondes, les émotions dans les timbres, je sens plus, mille, deux mille fois, comme les chiens, je suis un radar ambulant non filtré, le mensonge n'existe pas dans l'univers des sensations, pas plus que le bien et le mal, il n'y a que souffrance et jouissance, qu'agréable et son contraire dans les sous-extrêmes.

 

 

Mon nouveau monde est sans pitié.

 

 

Je raconte tout ça à Nico qui roule et survit à sa deuxième nuit sans sommeil, je dis tu devrais faire un peu d'exercices de respiration avec moi, elle répond si je fait de la respiration j'arrête tout de suite de faire ce métier, je dis t'es conne c'est l'inverse, elle acquiesce avec une espèce de grognement soupireux, je demande comment t'es assise,  elle répond en tailleur sur une chaise en plastique, je demande c'est confortable, elle répond non mais de toute façon je suis déjà toutenvrac, je dis tu vois t'es conne, elle dit ça va je suis toute pourrie me pète pas les burnes, elle dit tiens fume au lieu de me les briser, je tends le bras je sens la chaleur incandescente, la main de Nico enserre la mienne, elle glisse le carton entre mon pouce et mon index, quand j'évalue sur ma joue la distance de la chaleur quand je tire je dis c'est pas un joint de radasse que tu nous a fait la mon Nico, je ris déjà, elle dit kessta, je dis paranoye pas c'est la taille du oinj, elle dit j'ai plus que des feuilles qui font vingt mètres de long je dis c'est con, Nico dit que ce qui est con c'est qu'on a semé la calamité avec laquelle j'ai voyagé pasque c'est sympa d'être débarrassés mais c'est la seule qui a de quoi rouler.

 

 

La drogue chez mon nouveau moi n'existe pas, chez personne d'ailleurs, pas + que l'alcool et toutes ces façons de voyager soi disant destructrices alors que ce ne sont que des sorties temporaires de routes formatées, des écarts de tracés révolus, des variations temporaires de trajectoire. Nan, faut qu'on nous balise tout, on nait conditionné, les drogués sont les derniers explorateurs, des vikings qui n'ont pas peur de paumer leur repères, que les autres accusent d'avoir peur de la vie (quelle vie ?).

 

Depuis ma cécité je ne sais plus ce que c'est qu'une descente, je ressens  simplement un retour de mes perceptions coutumières, un relâchement progressif, une fatigue dans les membres, un besoin de sommeil impératif par intermittences, l'ecstasy me fait danser, les joints me font me concentrer, la réalité (normalité) je ne sais plus ce que c'est.

 

Nico me réveille elle dit tu vas choper une insolation, je m'ébroue  je dis que t'façon on est déjà crâmées et tapote autour de moi avec mes mains pour mettre tout de suite mes lunettes anti-uvs, je ne les trouve pas je demande à Nico si elle les voit,  Nico tourne autour de moi et dit que non, je demande tu crois qu'on me les a volées, Nico dit mais non ici y'a que des gens qu'on connaît, je dis c'est pas grave prêtes m'en une paire, Nico m'apporte une paire pendant que je constate que l'esprit de la house nation est entrain de s'enterrer, comme dans toute l'histoire de la rébellion, l'utopie se fait niquer par le profit, aziujual, à quand les campagnes, Votez HOUSE !, au même instant une effluve de bougainvilliers, ça sent pourtant pas grand chose un bougainvilliers, arrive jusqu'à mes narines, je déménage recta dans le passé, de l'autre côté de la Méditerranée. C'est ça être aveugle, de la navigation en saut de puce, à pieds joints, tout le temps, sans jamais contrôler quand c'est le moment. Ca m'a pris du temps pour m'habituer, changer de système.

 

Encore que :."







 

 

Plus d'une dizaine d'années de fidélité, ça fait de quoi remplir un hangar de Juke-boxes.

Il y cependant, au Bus, des morceaux tellement emblématiques, non pas qu'on ne les ai pas entendus ailleurs, mais au Bus, ils signifiaient toujours un changement de rythme, de période dans la soirée.

Ces trois là, pour ceux qui ont connu, sont réellement dans la sélection des incontournables.

Tempted by the fruit of another. Squeeze. 
Geneviève. Andrew Gold.
Sun Goddess. Earth, Wind and Fire.

Le Bus, le tout finalement, c'était d'y entrer.

Et c'est pour ça que comme pour la rue Princesse et sa Jacqueline ( la dame pipi de Castel ), on ne peut pas écrire sur le Bus sans raconter Bruno.

Bruno est le premier videur (on ne disait pas physio ) de ma vie.

Celui que j'ai vu demander à des milliers de malheureux (futurs ) éconduits  Vous n'avez pas la carte du club ? ( variante, Vous êtes membres ?). Il n'y a jamais eu ni carte de membre, au Bus. Il y avait la jauge sans pitié de ce mec baleze, brun à la peau mate, à qui on avait pas envie de de chercher les noises, dont le sourire quand il tombait enfin donnait à imaginer ce qu'est la conquête du graal. Le summum revenant à Il y a une queue d'enfer devant les portes, un tas de gens agglutinés, et Bruno poussant ( souvent assez méchamment ) tout ce qui gène, me désigne et tend son bras pour que je me fraye un passage, signe des signes du saint des saints.

Bruno et Josy ( avant qu'elle ne parte chez Castel ).

Bruno, Josy et Fafa ( vestiaire ). Après c'étaient les portes battantes, et le début de la nuit for real. 







 
Cette salle de bal popu toute en longueur a eu plusieurs noms, le central dominant étant bien entendu la Java, dont le parquet a connu toutes sortes d'heures de gloires hétéroclites, de la salsa ( Via Rémy, RKK, Nova ), au rock le plus tendu, en passant par toutes sortes de périodes, soul, bal musette, etc.

Le soir en question, la Java s'appelle L'Acid Rendez-vous, ce sont des soirées plutôt très rock, le morceau c'est (Come on baby) Light my fire, l'ambiance Doors convient bien.

J'ai habité Neuilly sur seine. ( J'écris ça comme Angot aurait écrit J'ai été homosexuelle pendant trois mois, à cette différence près que Neuilly, j'y ai vécu trois ans). Autant te dire que dans l'immeuble bien tendu dans lequel nous habitions ( j'habitais avec Christophe ( Galud), les autochtones et résidents n'ont pas été déçus du voyage, lequel a effectivement duré trois ans. Ce soir là de 87, ma meilleure amie, Victoria, passe me chercher (elle habite Neuilly aussi, elle en revanche depuis toujours).
Elle est sapée comme elle seule, elle est mannequin elle peut tout se permettre elle ne se gène pas, on a toutes les deux des pantalons en skaÏ découpé de chez Colona, et si je me contente d'un perfecto K-way qui faisait rage à l'époque, elle en revanche porte un perfecto en zèbre, frangé, raccord avec son visage sur lequel tout le monde se retourne, raccord avec son Harley 1000, sur lequel, la voyant juchée dessus, tout le monde s'arrête, aussi.

Nous sommes donc dans mon appartement quand nous testons, je ne me souviens sincèrement pas leur provenance, la drogue hallucinogène cool, des champignons. A vingt ans en 1986, c'est la seule drogue que j'aie jamais testé. Sitôt avalé sitôt chevauchée. Je revois avec une précision (souvent, toujours) déconcertante notre entrée sur les quais, le tunnel, et ma vision déformée de la chaussée qui donne l'air aux pavés de vouloir sortir de la route, ils sont de toutes les couleurs ( ben voyons ), le Harley fait tellement de bruit qu'on peut brailler sans que cela gène, et le rire commence à nous prendre ( sans aucune raison valable va de soi) dès lors qu'on arrive dans le secteur de république.

Quand on s'arrête devant le passage au bout duquel se trouve l'entrée de la Java, il y a un rassemblement conséquent (faune) sur le trottoir, Victoria monte dessus avec la moto, trois cents têtes se retournent, Victoria enlève son casque secoue ses cheveux, deux cents langues sortent, Victoria et moi descendons de la moto, six cents yeux attendent quelque-chose. Désireuse ( et en pleine ascension de psilocybine ) de ne pas décevoir ce large ( et coloré ) public, Victoria envoie alors un tonitruant " Saluts, nous on est les craignos de Neuilly !".

La suite, c'est échapper à la stupeur ambiante ( entre deux et trois cents bouches, bées), entrer dans le passage avec un fou-rire inextinguible, bientôt douloureux pour les mêmes raisons, que je mettrai deux heures chrono à calmer, deux heures pénibles pendant lesquelles quoi qu'on me dise, la vision de la faune interdite au rez-de-chaussée me secoue violemment les tripes.

La dernière image de cette soirée, c'est environ trois heures après, quand enfin je crois avoir dominé le phénomène, je suis assise avec victoria à une des tables qui sont devant le bar, petites tables rondes, je regarde souvent le sol pour éviter de ricaner bêtement dès que qui ce soit s'adresse à moi, je regarde la table ronde quand la pointe d'une mexicaine vient shooter dedans, renversant tout ce qu'il y a dessus, créant un deuxième instant de stupeur autour de nous depuis le début de la soirée, c'est Jacky ( Jaillet ), le petit ami de Victoria, qui lui aussi ( même sans produit ), aime beaucoup les entrées remarquées.

J'ai eu des crampes pendant plusieurs jours, on ne ricane pas bêtement impunément jusqu'au petit matin : leçon de magic mushrooms numéro 1. 







 
L'Apoplexie. A ne pas confondre avec l'Apocalypse.

Un morceau : Stool Pigeon. Kid Creole and the coconuts. ( Un des concerts mémorables de la rue du Fg Montmartre, à additionner à ceux de Tom tom club, et Prince ).

Un club bien seizième même s'il est dans le huitième, plein de fifils à papa et de blondes dans mon genre, c'est la période rouge à lèvres blanc nacré...
( C'est l'époque des blousons Montagne et forêt, des jeans délavés à la javel, des tiags, et certaines ceintures western perdurent. )

Une boite de nuit encore plus éphémère que les autres, que j'aurais pu passer à l'as si.

Ce soir là, soit mes copin(e)s sont parti(e)s avant moi, soit je suis passée seule, en fin de soirée ( retour de la rue Fontaine c'est le chemin ), je suis seule quoi qu'il en soit, il est tard, très tard, surtout pour quelqu'un qui travaille, dans quatre heures maximum il faut être à l'agence.

Il y a cette bande de garçons, plus âgés, que je vois souvent, peut-être même tous les soirs, une bande tendance fils de du côté de l'orient, décomplexés du fric, avec toujours pléthore de bouteilles, de filles, de frime globale.

Assez sexys.

Mon fiancé est à l'armée.

Quand ce ( grand ) type de la bande ( que je vois souvent ) me propose de me ramener chez moi, nous sommes à l'angle de la rue François premier, il a une voiture épouvantablement tacky, une voiture décapotable blanche, genre Jeep, neuve. Ca ne se refuse pas, surtout quand il n'y a pas de taxi. Surtout après une ultime tournée de.

Pendant le trajet je paie très cher la tournée de. Mais je survis. Je sens bien que mon généreux raccompagnateur apprécierait moyennement que je ne refasse la déco des sièges en cuir blanc.

La suite est blanche comme la voiture, en langue de métaphore on appelle ça une ellipse.

J'émerge d'une sorte de coma ( éthylique ) parce qu'il se passe quelque-chose d'anormal, de dangereux, bien que je sois sur mon lit, dans ma chambre, dans le très grand appartement que j'habite à l'époque. Il se passe effectivement quelque-chose d'aussi anormal que dangereux. Le type qui m'a raccompagnée est sur moi. Mon buste est dénudé et le type est entrain de s'attaquer à mes seins, et il défait ma ceinture avec la main qui lui reste.

Je pousse un hurlement que personne ne risque d'entendre.

Le type, qui est grand, force un peu, beaucoup.

Avec cette énergie sortie de nulle part que n'ont pas les filles à qui ont fourre aujourd'hui du GHB, avec cette énergie que seule la perspective de se faire violer ( chez soi, en prime ) peut procurer malgré l'alcool et la différence de taille et de poids, je saisis ce qui sort du jean ouvert du type, bien que sa boucle de ceinture appuyée contre le haut de ma cuisse me fasse dramatiquement mal, je saisis ce qui dépasse le serre de tout ce que je peux de tout ce qu'il me reste démultiplié par la peur, et je hurle.

J'entends encore le bruit de la porte se refermer derrière lui et le son de ses bottes dans l'escalier. 

Je me revois déposer mes tripes en tremblant dans la foulée.

Je ne l'ai jamais re-croisé. Ni lui ni sa bande qui tournait pourtant dans les mêmes circuits.
Je ne suis jamais retournée à L'Apoplexie.









 
WARNING.

S'attaquer au mythe, avec tout ce qui a déjà été dit, publié, rabâché, les années Palace, Les années Privilège, Les années Kit Kat, avec le Je sors ce soir de Dustan que j'ai tant assimilé que j'ai l'impression, souvent, d'avoir moi-même été là je jour de cette tea-dance, est certainement l'exercice le plus casse-gueule de cette entreprise qui n'a rien de petite.

Et pourtant.

Je vais donc commencer par celle-là, en espérant qu'il s'en souvienne autant que moi.

Christophe ( Tison ), était mon voisin du dessous, quand nous habitions au 102 rue du faubourg poissonnière. Je revois impeccablement notre arrivée ce soir là. La rue, depuis le Boulevard Poissonnière, était entièrement bordée d'une rangée démente de bolides, Treizequarante minimum -  de la Harley de compete - customisées, rutilantes à mort, une haie d'engins à proprios qui ne rigolent pas du tout ni avec le trip moto, ni avec le trip Harley.

Mieux : on rentre, et dans tout le couloir jusqu'aux portes battantes, idem. Un rang de Harley's lustrées polies comme des premières communiantes.

Décor inhabituel donc.

Je suis avec Christophe dans le décroché sous l'escalier qui mène au premier, devant le vestiaire, quand un bruit de fin du monde.

Les portes sur la rue s'ouvrent. En grand. Un bruit, mais un bruit... fait trembler les murs, nous, toute la structure. Une moto est entrain de rentrer DANS le couloir, fumée pire qu'un bataillon de fumigènes, barouf juste intraduisible, la moto et son chevaucheur s'arrêtent à la mi-couloir. Juste un peu avant nous, donc, qui tirons sur notre cou pour essayer de comprendre de quoi il s'agit sans se faire détruire à jamais les pavillons et les poumons.

Le motard s'arrête une poignée de Hell's autour de lui comme une cour.

Le motard enlève son casque qu'un des serviteurs lui prend immédiatement ( le roi ôte sa couronne, le valet saisit la couronne ), le juste ce qu'il faut de fumée se dissipe pour qu'à quelques centimètres de nous se distingue enfin un visage.

L'homme à la moto, c'est Johnny. ( Yeeeeah )( Au moins).

La scène qui suit a cela d'anthologique que, comme souvent lorsqu'il s'agit du rocker, elle est totalement, mais totalement jusqu'à l'absurde, dépourvue de second degré.

Johnny a enlevé son casque. On lui prend. Johnny lève le coude, claque des doigts. On lui tend un clope. Sans un regard, Johnny porte le clope à ses lèvres, on lui tend un zippo allumé. Sans un regard Johnny tire sur son clope. 

C'est Marlon Brando chez Intermarché. Christophe et moi on a du mal à croire ce qu'on voit.

La musique, c'est ce son inouï. Qui bouffe évidemment tout le son des trois étages réunis. Ce son inouï quand une fois le clope au bec, Johnny redémarre son engin, et passe maintenant devant nous. On lui ouvre les portes battantes, Johnny rentre DANS le Palace, SUR le dancefloor.

L'autre musique qui reste, c'est celle du rire de Christophe, que j'entends à l'heure d'aujourd'hui aussi nettement que ce soir là, un dimanche, en 1990.

Un vrai rire. Incrédule. Appuyé par une certitude intime, si je vis assez vieux, un jour je pourrai me souvenir que j'y étais.

 
Il se passe un truc quand, enfin, l'autorisation est donnée d'aller dans les boites après le ski. Passage parmi les passages. Où on réalise quelques décennies plus tard à quel point le mot jeunesse est signifiant en terme de nécessité de sommeil.

Le Rock Club, la liqueur de bananes après les kirs, Grace Jones, La vie en rose.

Avec l'avantage qu'aux sports d'hiver, il fait nuit encore quelques minutes après la fermeture, mensonge d'une possibilité de récupérer avant le jour. Et que le froid, le vrai le pur, celui des altitudes, dessaoule.

Dionne Warwick, Heartbreaker, Darry Hall & John Oates, Maneater, aussi.



 
J'y ai fêté ma middle-life ( before crisis ). Avec live des Nôze, Emmanuel S en DJ, moi-même aux platines avec mes 45 pour le warm-up, 150 bouteilles de champagne ( grâce à Julien (caviste)), un buffet + gâteau VIP Cojean grâce à José ( Lévy ), ambiance vieux de la vieille et fidèles nouvelle génération, mix global, et bien vu, proportions de l'endroit adaptées, ni trop grand ni.

La dernière fois que j'y étais venue c'était en 1985. Les soirées hebdomadaires ( j'ai envie d'affirmer qu'elles avaient lieu le mardi, sans certitude, et une chose est sûre, je ne vais pas aller lui demander ) étaient organisées par Jean-Luc ( Delarue ), très loin à l'époque de son look de cequetuveux idéal, à savoir costume pied de poule et creepers. (Il y en a pour qui le costard pied de poule creepers est sans doute toujours un idéal, zazous, rock à billy's, not me babe not me ).

Un morceau : Love song. Simple Minds.

L'extraordinaire du phénomène 1985-2006, c'est que s'il m'avait été demandé de décrire l'endroit, la vision 85 n'a rien, mais rien à voir avec elle que j'ai eue en y rentrant en 06. Je me souvenais d'un sol brillant et géométrique, je ne me souvenais pas de la fosse telle qu'elle est réellement, ni des niches sur les côtés.

C'était un bon club pour la new-wave. 

Il y avait des figures que l'héro a du tuer depuis longtemps, et notamment celle qui scella la fin de mon amitié avec JL, Kiwi, une belle brune défoncée, mythomane comme les héroïnomanes seules, kleptomane, des figures qu'on croisait aussi Cité Bergère, des figures qu'on ne croise plus, et pas seulement parce que la Cité Bergère a disparu de la nuit.

C'est un des rares clubs, avec le Rive Gauche et la rue Princesse, qui m'ait jamais fait traverser la Seine.

Les aubes du cinquième ne m'évoquent rien, les nuits du Saint finalement non plus, une brume énervée, synthétique, Bob Morane contre tous chacals, l'aventurier contre tous guerriers à la limite, et encore, je crois que le Rock Club d'Avoriaz est plus justifié.

                              
 Around the words             
 [Before-propos]                
                                                                                                   
 J’ai longtemps tourné autour de ce propos, et de cette idée, décrire un par un les clubs, tous les clubs, qui ont façonné, illustré,                  émaillé,  développé…   
 A travers un nom un endroit une période, les musiques, les bandes, le tempo d’une époque fut-elle courte, tout devrait y être.                   
 A Paris, & around the world. 
 En 2001, un journaliste ( Patrick Thévenin ) en mal de concept m’avait intitulée Ecrivain-clubbeuse.
 Même si le terme est réducteur, et dépassé, il a sa part de vérité.
 Le temps est venu de la compile.
 Enjoy. 

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