La littérature ( écriture publique, et non pas LA Littérature, terme pompeux sensé muer la verbalisation écrite en grand Art ), ne sert pas qu'à se faire des amis, c'est bien reconnu.
Ecrire sur la vie nocturne, ambition à priori dénuée de caractère polémiste, sauf à dire du mal des protagonistes évoqués, pourrait donc rester une suite de fables ( plus ou moins, rien n'étant aussi rapidement démodable ) modernes, à parcourir comme un chemin annexe au quotidien d'une trajectoire professionnelle, d'une saga familiale.
A priori.
En égrainant, sans chronologie déterminée préalable ( laisse émerger les réminiscences au fur et à mesure des flash backs ), les années quatre-vingt dix, occasion est offerte de rétablir quelques vérités historiques du petit monde noctambuliste qui, qui sait, découvrira peut-être la narration d'une épopée vue par un autre bout de la lorgnette.
Sur l'origine des soirées Templiers, on peut effectivement lire ceci :
( extrait publié sans autorisation de la brochure des Templiers )
"15 mai 1993
Mars 1993, Antoine, Etienne et Jean-Noël, 3 jeunes diplômés trouvent que l'on s'ennuie ferme à Paris. Ils décident d'y remédier et investissent une ancienne commanderie des Templiers en forêt de Compiègne. 2 mois plus tard, pour une nuit, la bâtisse a retrouvé sa superbe d'antan, nos trois amis et leurs compagnons s'intronisent Templiers, et offrent à leurs invités un voyage spatio-temporel pour revivre le temps d'une soirée magique et inoubliable une véritable fête. "
Ca n'est pas * tout à fait comme cela * que ça s'est passé.
Mars 1993, j'organise un déjeuner avec Antoine ( Lacoste ) et Etienne ( Jardel ), nous nous connaissons depuis le lycée. Etienne et moi avons tous les deux envie de faire une fête ( mon anniversaire est le 15 mai ), Antoine dispose d'un lieu, une maison promue à la vente dans les mois qui viennent. Mon voisin-du-dessous, Jean-Noel ( Vétu ) qui est décorateur de cinéma, rejoint rapidement le projet, qui à la découverte du lieu ( une superbe commanderie ), révèle un potentiel énorme.
Effectivement, après trois semaines sur place ou presque, la participation active de nombreux bénévoles qui feront de cette fête le fer de lance d'un projet encore aujourd'hui confirmé comme pérenne, la participation financière de membres fondateurs ( Mezigues, et pas qu'un peu pour l'époque, Sophie ( Cabane ), la participation tout court, l'apport des talents de Stéphanie (Morel), costumière de génie qui réalisa toutes les tenues des templiers d'après des documents d'époque, les robes ), ceux de Karim ( jongleur, acrobate ), et toute une kyrielle de bras, de chauffeurs, de divers soutiens, qui pendant ces trois fameuses semaines ont donné sans compter ( ni re-compter, la soirée est gratuite ).
Eblouissante soirée, les ( 500, 800 ?) invités ont joué le jeu, le décor reconstitué est exclusivement éclairé à la bougie, la nuit féerique se poursuit en lendemain campagnard ( gratuit, pire que les Galeries Barbès ), le succès est d'ampleur et la fatigue cohérente. Bilan, la troupe constituante a tant travaillé au succès qu'elle estime ne pas avoir assez profité de la soirée elle -même. (Pour ma part et elle seule, c'était un anniversaire digne de ce nom).
Est alors décidé de programmer très rapidement ( la maison est supposée être vendue, toujours) une deuxième fête, un mois plus tard, déguisée toujours, thème légèrement différent, je suis préposée ( à soutenir en partie financière, même inférieure ) à la rédaction du concept, dans un ton toujours d'époque, en vers.
La rebelote ne trahit aucun des idéaux, la fête est magistrale, elle aussi répartie sur deux jours, on vient de pas mal de provinces (et même de l'étranger, ceux qui n'ont pas pu venir à la première font le déplacement ), le Label Pro-Zac s'investit au son ( et c'est tant mieux, Christophe ( Galud ) a failli mourir en tombant de la mezzanine à DJ's )), il y a un studio photo pour immortaliser les efforts de tous, les voisins ont été invités pour faire taire les rumeurs ( les environs pensent que nous sommes une secte, ils ont particulièrement savouré le défilé en costume précédant la fête du mois de mai dans le village ( voir photo )), lorsque j'ai suggéré que l'on demande une (faible) participation pour amortir le coût des deux événements je me suis fait éconduire ( Pas de ça chez moi ), bien, pourquoi pas, même si l'investissement est tout de même conséquent ( même pour un anniversaire digne de ce nom et sa petite soeur un mois après).
Ce sera ma dernière soirée Templiers.
Car ce qui suit ( et la liste est longue jusqu'à aujourd'hui), est une histoire de projet de copains devenu un business.
La soirée d'après sera payante.
Les, soirées d'après.
Point de remboursement ( pourtant initialement suggéré, je n'aurai pas la mauvaise foi de dire noir sur blanc, c'était verbal, bien sûr, entre amis de tant d'ans...), et la radicalisation de l'organisation, le déplacement géopolitique ( fin de La commanderie, début des soirées dans des lieux inédits, tenus secrets jusqu'au dernier moment, soirées à tiroirs, à surprises, contre lesquelles il n'y a absolument rien à dire ça n'est pas l'idée). Et disparition quasi-simultanée de deux noms dans l'organisation, Sophie ( pourtant fort généreusement investie ), et moi-même.
Il reste deux fêtes, magnifiques, grandioses, auxquelles ont participé pour la dernière fois des amis disparus, il reste la magie de ces trois semaines galvanisées, ensemble, avec les préparatifs les feux de camp les moments gravés.
Mais le coup des trois jeunes diplomés, désolée, pas pour moi. Ca: je n'achète pas.
Ecrire sur la vie nocturne, ambition à priori dénuée de caractère polémiste, sauf à dire du mal des protagonistes évoqués, pourrait donc rester une suite de fables ( plus ou moins, rien n'étant aussi rapidement démodable ) modernes, à parcourir comme un chemin annexe au quotidien d'une trajectoire professionnelle, d'une saga familiale.
A priori.
En égrainant, sans chronologie déterminée préalable ( laisse émerger les réminiscences au fur et à mesure des flash backs ), les années quatre-vingt dix, occasion est offerte de rétablir quelques vérités historiques du petit monde noctambuliste qui, qui sait, découvrira peut-être la narration d'une épopée vue par un autre bout de la lorgnette.
Sur l'origine des soirées Templiers, on peut effectivement lire ceci :
( extrait publié sans autorisation de la brochure des Templiers )
"15 mai 1993
Mars 1993, Antoine, Etienne et Jean-Noël, 3 jeunes diplômés trouvent que l'on s'ennuie ferme à Paris. Ils décident d'y remédier et investissent une ancienne commanderie des Templiers en forêt de Compiègne. 2 mois plus tard, pour une nuit, la bâtisse a retrouvé sa superbe d'antan, nos trois amis et leurs compagnons s'intronisent Templiers, et offrent à leurs invités un voyage spatio-temporel pour revivre le temps d'une soirée magique et inoubliable une véritable fête. "
Ca n'est pas * tout à fait comme cela * que ça s'est passé.
Mars 1993, j'organise un déjeuner avec Antoine ( Lacoste ) et Etienne ( Jardel ), nous nous connaissons depuis le lycée. Etienne et moi avons tous les deux envie de faire une fête ( mon anniversaire est le 15 mai ), Antoine dispose d'un lieu, une maison promue à la vente dans les mois qui viennent. Mon voisin-du-dessous, Jean-Noel ( Vétu ) qui est décorateur de cinéma, rejoint rapidement le projet, qui à la découverte du lieu ( une superbe commanderie ), révèle un potentiel énorme.
Effectivement, après trois semaines sur place ou presque, la participation active de nombreux bénévoles qui feront de cette fête le fer de lance d'un projet encore aujourd'hui confirmé comme pérenne, la participation financière de membres fondateurs ( Mezigues, et pas qu'un peu pour l'époque, Sophie ( Cabane ), la participation tout court, l'apport des talents de Stéphanie (Morel), costumière de génie qui réalisa toutes les tenues des templiers d'après des documents d'époque, les robes ), ceux de Karim ( jongleur, acrobate ), et toute une kyrielle de bras, de chauffeurs, de divers soutiens, qui pendant ces trois fameuses semaines ont donné sans compter ( ni re-compter, la soirée est gratuite ).
Eblouissante soirée, les ( 500, 800 ?) invités ont joué le jeu, le décor reconstitué est exclusivement éclairé à la bougie, la nuit féerique se poursuit en lendemain campagnard ( gratuit, pire que les Galeries Barbès ), le succès est d'ampleur et la fatigue cohérente. Bilan, la troupe constituante a tant travaillé au succès qu'elle estime ne pas avoir assez profité de la soirée elle -même. (Pour ma part et elle seule, c'était un anniversaire digne de ce nom).
Est alors décidé de programmer très rapidement ( la maison est supposée être vendue, toujours) une deuxième fête, un mois plus tard, déguisée toujours, thème légèrement différent, je suis préposée ( à soutenir en partie financière, même inférieure ) à la rédaction du concept, dans un ton toujours d'époque, en vers.
La rebelote ne trahit aucun des idéaux, la fête est magistrale, elle aussi répartie sur deux jours, on vient de pas mal de provinces (et même de l'étranger, ceux qui n'ont pas pu venir à la première font le déplacement ), le Label Pro-Zac s'investit au son ( et c'est tant mieux, Christophe ( Galud ) a failli mourir en tombant de la mezzanine à DJ's )), il y a un studio photo pour immortaliser les efforts de tous, les voisins ont été invités pour faire taire les rumeurs ( les environs pensent que nous sommes une secte, ils ont particulièrement savouré le défilé en costume précédant la fête du mois de mai dans le village ( voir photo )), lorsque j'ai suggéré que l'on demande une (faible) participation pour amortir le coût des deux événements je me suis fait éconduire ( Pas de ça chez moi ), bien, pourquoi pas, même si l'investissement est tout de même conséquent ( même pour un anniversaire digne de ce nom et sa petite soeur un mois après).
Ce sera ma dernière soirée Templiers.
Car ce qui suit ( et la liste est longue jusqu'à aujourd'hui), est une histoire de projet de copains devenu un business.
La soirée d'après sera payante.
Les, soirées d'après.
Point de remboursement ( pourtant initialement suggéré, je n'aurai pas la mauvaise foi de dire noir sur blanc, c'était verbal, bien sûr, entre amis de tant d'ans...), et la radicalisation de l'organisation, le déplacement géopolitique ( fin de La commanderie, début des soirées dans des lieux inédits, tenus secrets jusqu'au dernier moment, soirées à tiroirs, à surprises, contre lesquelles il n'y a absolument rien à dire ça n'est pas l'idée). Et disparition quasi-simultanée de deux noms dans l'organisation, Sophie ( pourtant fort généreusement investie ), et moi-même.
Il reste deux fêtes, magnifiques, grandioses, auxquelles ont participé pour la dernière fois des amis disparus, il reste la magie de ces trois semaines galvanisées, ensemble, avec les préparatifs les feux de camp les moments gravés.
Mais le coup des trois jeunes diplomés, désolée, pas pour moi. Ca: je n'achète pas.
